Voie de l’Union

(English below)

FR/ Cette période de transition peut être vécue de nombreuses manières, toutes légitimes. Nous faisons comme nous pouvons. Les questionnements surgissent. Les émotions affleurent à la surface du corps et de la conscience.

Nous sommes encore dans les jours baignés par l’énergie de l’équinoxe de printemps. Ce temps de subtil point suspendu entre ombre et lumière, mort et renaissance, fermeture et ouverture. Ce point qui tend vers la vitalité, la renaissance, l’abondance. Ce déséquilibre en mouvement qui est l’essence même de tout cycle de vie, en nous, dans la Nature, dans les cycles plus larges, au-delà de cette Terre, du cosmos et de l’univers.

“Ce déséquilibre en mouvement qui est l’essence même de tout cycle de vie, en nous…”

Ce déséquilibre fluide, une danse subtile qui invite à embrasser les polarités pour trouver la voie de l’Union. Et c’est peut-être cela que l’on peut, chacun.e à notre niveau, chacun.e à notre manière, essayer d’expérimenter voire d’incarner en ce temps liminaire, ne serait-ce que quelques minutes par jour.

Voie de l’Union en soi

Il est essentiel, selon moi, tout au long de la vie, encore plus dans des circonstances comme celles actuelles, de se tourner en soi fréquemment, et de chercher et trouver un espace de lumière, de joie, d’apaisement, de repos.

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© a. vilchenko

Et cela ne passe pas forcément par les portes, les sentiers parfois intimidants de la méditation formelle, de la pleine conscience, ou d’une autre pratique dont c’est l’essence même. Ce sentier peut se trouver dans le quotidien, en étant à l’écoute de ce que l’on porte en soi, et en s’autorisant à suivre ce qui s’exprime, ce qui est ressenti, puis à le laisser flotter pour ne conserver que le calme et la paix. Et en fin de compte le sentier choisi n’est pas l’essentiel ; ce qui compte c’est cet espace en vous auquel vous accédez, et dans lequel peu à peu vous arriverez à rester. Ce sentier est donc tout personnel. Ce peut être :
s’asseoir face au Soleil, si présent ces jours-ci, sur la France en tout cas,
s’installer confortablement et (re)lire ce livre qui vous ravit tant,
embrasser votre aimé.e, si vous êtes dans ce cas, en savourant chaque sensation de ce contact,
cuisiner avec de la musique,
écouter les oiseaux chanter,
méditer,
créer, créer, créer,
se délecter du vent sur votre peau, du lever de Soleil devant vos yeux, d’une douche apaisante et réconfortante,
aller dehors pour un petit tour à la tombée de la nuit,
semer et planter en pot ou au jardin,
monter sur son vélo et savourer la liberté et l’air sur tout son corps lors d’une descente,
regarder les étoiles,
fermer les yeux quelques minutes,
chanter à tue-tête,
écrire ce poème qui vous trotte dans la tête,
contempler les bourgeons qui fleurissent, les fleurs déjà là,
téléphoner à une personne chère,
savourer d’être rentré.e dans votre cocon après avoir travaillé à l’extérieur,
porter un bébé dans vos bras, le regarder dormir,
jouer d’un instrument,
vous allonger et savourer ce moment qui précède le sommeil,
être et ne rien faire,
respirer amplement.

“Chercher et trouver un espace de lumière, de joie, d’apaisement, de repos”

Et choisir ses supports de communication semble important également, pour ne pas tomber dans les flots troubles et alourdissants véhiculés par la plupart des “médias” et certains espaces des réseaux sociaux.
Choisir avec discernement, en conscience, de quoi on se nourrit actuellement, tant l’alimentation (pour soutenir le corps et l’esprit, et renforcer l’immunité) que les autres flux qui entrent en nous (là aussi ayant leur influence sur plusieurs dimensions de notre être, et donc, notamment, l’immunité), me paraît essentiel. “De quoi, quand, où, comment et à quelle fréquence je me nourris ?” Savoir, oui. Est-ce que baigner dans une information continue et non triée, des mots obscurs – quand on sait qu’un mot, ce qu’il transmet, a un poids, une énergie –, tout au long de la journée change quelque chose et nourrit ? Selon votre réponse, relire justement la petite liste ci-dessus, et vous en inspirer ou trouver votre voie vers plus de lumière, de joie, de douceur*.

bouddha meditation
© a. kapustina

Voie de l’Union avec les autres êtres humains

Et là, une fois cette Union en soi vécue, se relier aux autres devient naturellement plus posé, plus juste, sans faire porter aux autres ce qui ne leur appartient pas, sans se vider soi-même du cœur essentiel de sa vitalité. Cela offre aussi cette possibilité de semer du lumineux, de s’élever mutuellement, de s’entraider, de s’unir. Un besoin essentiel de notre animalité sociale, nature exprimée par Aristote, à qui l’on demande ces jours-ci d’être isolée. Isolement physique ne devrait signifier se couper des autres. Au contraire, il est essentiel ces jours-ci de se sentir en reliance avec les autres membres de cette famille humaine, tous concernés par la traversée commune de cette transition. Cette reliance, davantage encore pour ces personnes seules chez elles, celles qui se retrouvent dans un lieu qui n’est pas leur domicile, leur localité habituelle, celles séparées par ces circonstances de leur bien-aimé.e, de leurs enfants, de leurs parents.

“… il est essentiel ces jours-ci de se sentir en reliance avec les autres membres de cette famille humaine”

Alors un grand oui aux lettres que l’on peut toujours poster, aux appels téléphoniques, surtout aux personnes qui comptent et qui sont seul.es en ce moment, aux messages instantanés ! Une attention pour l’autre. Pour toutes ces personnes qui comptent pour vous, ou que vous souhaitez remercier, que vous ne contactez pas habituellement et pourtant que vous appréciez. De l’écoute, des rires partagés, des mots tendres, de la compassion, du pardon, de la solidarité. Et avec les êtres qui nous sont chers et avec qui l’on vit, des mots d’amour, de la douceur, du contact physique  si on le souhaite et qu’ils le souhaitent (libérateur d’ocytocine, réducteur du cortisol, lié au stress), de la routine entremêlée de ces petites choses que l’on ne prend pas le temps de faire habituellement, de l’écoute et de l’amour.

Voie de l’Union avec la Nature

La Nature, nous, animaux humains, en faisons partie. Ces jours-ci, encore plus qu’à l’accoutumée, il peut être éclairant de se percevoir non autre mais bien une partie de ce grand tout qu’est la Nature. Elle et tous les êtres et royaumes qui la composent, animaux, végétaux, minéraux. Elle dont les rythmes, le cycle nous traversent, impriment un mouvement à nos danses et nos énergies, nous accompagnent. En ce moment, l’éveil plein du printemps. Celui qui invite à passer d’un état à un autre, de sortir de chez soi – autant que possible en ce moment, de manière sensée –, à semer, physiquement et symboliquement,  à se nourrir de lumière.

saisons
© DR

Cette Nature toujours à nos côtés, véritable repère d’autant plus essentiel en ce moment, car un contrepoint aux incertitudes de cette situation humaine. Elle offre en effet une régularité, une cyclicité que certain.es ne remarquent plus alors qu’elles constituent un socle fondateur, une boussole, une source de réconfort. Des printemps. Des étés. Des automnes. Des hivers. Le cycle de la Nature continue de se mouvoir ainsi, et c’est une voie douce et réconfortante. Comme l’est, au creux des femmes qui sont dans les âges de l’écoulement menstruel, pour celles aux ovulations et aux menstruations régulières, ce mouvement intime, à l’image de celui de la Lune, qui lui est relié, et qui procure un repère, un “je sais” bienvenu.

Voie de l’Union avec ce qui est

De l’infiniment petit à la vastitude de l’univers, une des constantes est le cycle de vie. Et cette constante relie chaque “échelle”. En suivant la voie de l’Union en soi, avec les autres et la Nature, peut-être peut-on parvenir à goûter, au moins un petit peu chaque jour de cette période de transition, et pour l'”après”, cette Union avec ce qui est. En se tournant en soi, en restant dans cet instant présent, en respirant et, peut-être, en souriant.

*N’hésitez pas à partager ici, dans les commentaires, vos propres sentiers vers l’Union en soi, pour inspirer d’autres personnes, diffuser le beau, le lumineux.

 

ENG/ This transition time can be experienced in many ways, all are legitimate. We react as we can. Questions arise. Emotions come to the surface of the body and the mind.

We are still bathed in the spring equinox energies. This time of suspended subtle point between darkness and light, death and rebirth, closure and opening. This point that reaches toward vitality, rebirth, abundance. This dynamic desequilibrium that is the very essence of all the life cycles, in ourselves, in Nature, in the larger cycles, way above Earth, in the cosmos and the universe.

“This dynamic desequilibrium that is the very essence of all the life cycles, in ourselves…”

This flowing desequilibrium, a subtle dance which invites us to embrace polarities to find the path towards Wholeness. And that is, maybe, what each of us, with our own possibilities, in our own way, can try, incarnate even in this liminal time, even for a few minutes each day.

The path towards Inner Wholeness

It is essential, in my eyes, that all through life, even more in circumstances like those presently unfolding, to turn inward frequently, and to look for and find a space filled with light, love, peace, rest.

femme cuisine légumes
© r. ferguson

And it does not need to necessarily be through sometimes intimidating practices such as formal meditation, mindfulness or any other practice which very essence it is. This trail can be found in daily life, when being aware and listening to what one carries in oneself, and by giving oneself permission to follow what is expressed, sensed, and then letting it float away to keep only calm and peace. In the end the trail you chose is not what is primordial here, what is is that inner space you have access to, and in which you will be able to stay, more and more. So this is a very personal trail. It can be:
sitting in front of the Sun, which is really present these days, at least in France,
adopting a comfortable position and (re)read this book that enchant you so much,
kissing, if you are in this situation, your loved one savoring each sensation of this contact,
cooking with music all around you,
meditating,
creating, creating, creating,
delectating yourself from the wind on your skin, the sunrise you see, an appeasable and comforting shower,
walking outside your home for a short walk at sunset,
planting seeds in pots or a garden,
riding your bicycle and enjoy the freedom and the air obn your whole body while going down a slope,
stargazing
closing your eyes for a few minutes,
singing openly outloud,
writing this poem which is running through your head,
contemplating buds that are blooming, and the flowers already present,
calling a dear one on the phone,
savoring being in the comfort of your home after working outside,
holding a baby in your arms, watch him or her sleep,
playing an instrument,
lying down and enjoying this moment just before falling sleep,
being and doing nothing,
breathing generously.

“… to look for and find a space filled with light, love, peace, rest.”

And choosing your communication tools seems important too, in order not to fall in the dark and heavy flow driven by most media and some spaces on social media.
Choosing sensibly and mindfully what food you allow to enter your body, be it actual food (to support the body and mind, and to strengthen immunity) or other streams that enter us (those too influence the many dimensions of our beings, and so, among other things, immunity), seems crucial to me. “What, when, where, how and how often do I get this food?” Yes to knowing. Still, is getting immersed in a continuous raw stream of information, heavy words – when we know that words, what they transmit, carry with them a weight, an energy –, all day long changes anything and nourishes you? According to your reply, you may consider to reread the list above and get inspired by it or find your own path towards more light, joy, sweetness*.

femmes Terre
© DR

The path towards Wholeness with other human beings

And once Inner Wholeness is experienced, connecting to others becomes naturally more serene, just, without burdening others with what does not belong to them, without draining yourself of the core of your vitality. This gives the opportunity to sow light, to uplift each other, to help each other, to be as one. A fundamental need of our social animality, this nature having been expressed by Aristotle, that is now asked to shift to isolation these days. Physical isolation should not mean cutting ourselves from others. On the contrary it is essential these days to feel that we are connected to the other members of the human family, all going through this transition together. This connection, even more for these persons that live alone, those who are in a place that is not their home, their area, and those who by these circumstances are away from their sweetheart, their children, their parents.

“… it is essential these days to feel that we are connected to the other members of the human family”

So a blatant yes to writing letters we can still send, to phonecalls, especially to the ones we care about and who are alone right now, to instantaneous messages! Caring for others. For all these beings who you care for,  or that you would like to give thanks to, who you usually do not contact yet you appreciate them. Listening, shared laughters, sweet words, compassion, forgiveness, solidarity. And with the persons we love and live woth, loving words, sweetness, physical contact if we and they wish it (it liberates oxytocin an reduces cortisol secretion, which is linkled to stress), some daily routine intertwined with these little things we usually do not take the time to do, listening and love.

The path towards Wholeness with Nature

We, as human animals, are a part of Nature. These days more than usual it can be eye-opening to see ourselves not as “other” but as a part of this wider one that Nature is. Nature and all the beings and realms that compose it, animal, vegetal, mineral. Nature whose rhythms, whose cycle flow through us, imprint a movement in our dances and our energies, stand by us. Presently, the full awakening of spring. It invites us to transition from one state to another, to go out of the house – presently as much as it is sensibly possible –, to sow, physically and symbolically, to nourish yourself with light.

femme pleine lune utérus
© DR

Nature that always stands by our side, a true landmark that is crucial presently as a counterpoint to the uncertainties of this human situation. It is so as it offers regularity, cyclicity some do not even notice while it constitutes a foundation, a compass, a comforting space. Springs. Summers. Autumns. Winters. The cycle of Nature goes on moving this way, and that is a sweet and comforting path. As is, in the womb of women still menstruating and with regular ovulations and menstruations, this intimate flow, reminding the one of the Moon, linked to it. This flow that offers a landmark, a welcome “I know“.

The path towards Wholeness with What Is

From the infinitely small to the vastitude of the universe, one constant is the life cycle. And this constant links every “level”. Following the path towards Inner Wholeness, Wholeness with others and Nature, maybe can we get a taste, at least a little each day of this transition time, and “afterwards”, of Wholeness with What Is. By turning inward, staying in the present, breathing and, maybe, smiling.

*Feel free to share here, in the comments, your own trails to this path to Inner Wholeness, to inspire others, and to spread beauty and light.

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