Spiritualité du pain au levain

(English below)

FR/ Le pain, don ancestral qui relie l’humain à l’abondance de la Nature, au cycle des saisons, à la fertilité, aux êtres qui ne sont plus.
(écrit par une mangeuse pourtant occasionnelle de pain 😉)

Ce n’est pas le premier pain que je prépare ; cela fait bien deux décennies que j’ai commencé à faire de temps en temps du pain, de la pâte à pizza un peu plus souvent (et mon fils de 12 ans s’y est mis récemment), que j’ai connu le délice et la satisfaction de sentir l’odeur si particulière de la pâte qui lève.

Et pourtant, rien de comparable avec ce que je viens de découvrir. Le pain au levain maison. Cette rencontre avec ce levain que j’ai préparé lundi dernier, et que je nourris chaque jour depuis. Ce processus de confiance à la vie, qui sait faire, activant des bactéries et des processus chimiques qui transforme un peu de farine, d’eau et de fruit râpé en une part inépuisable de cet aliment premier qu’est le pain. Cette ode à la lenteur ; on ne brusque pas un levain, on le laisse prendre le temps et l’espace dont il a besoin. Le laisser prendre vie sur plusieurs jours. Entre émerveillement, joie et conscience. Conscience de cette double polarité, entre simplicité et complexité, pour servir l’Union. Conscience de ces savoirs infiniment anciens qui suscitent chez moi admiration, humilité et gratitude.

levain sourdough
© la Femme & la Lune

Et donc, hier, confectionner ce pain (pour moi à la farine d’épeautre, je ne cuisine plus au blé depuis quinze ans) avec encore plus d’amour et de joie qu’à l’accoutumée. En conscience. Le laisser lever, plusieurs fois. L’enfourner. Le découvrir. Le humer. Le goûter. Être en joie.

Une rencontre des sens.

levain sourdough
© la Femme & la Lune

Et ce lien, en pétrissant la pâte, en le découvrant, en le goûtant (le meilleur des pains que j’ai faits, moelleux, une saveur si unique, une mie magnifique) avec ma lignée. Sentir dans mes mains qui pétrissent la pâte ce savoir-faire humain, aussi basique qu’essentiel, qui remonte à tellement de générations que c’en est presque étourdissant. Ces mains qui ne sont pas que les miennes. Tant de mains d’hommes et de femmes accompagnent mes gestes. Tant de papilles se délectent en même temps que les miennes.

“Et ce lien avec ma lignée”

Qui n’a pas dans sa lignée, même en remontant seulement de quelques centaines d’années, ce savoir inscrit profondément, en lien avec la terre ? Qu’on le nomme pain, galette, crêpe, anpan, cassave, matlouh, brød, tortilla, chapati, tingmo, pita, etc., quel que soit son nom ce mélange, dont la base reste une farine de céréale ou de racine et de l’eau, est inscrit dans l’histoire de l’humanité, dès l’Égypte antique, sans parler de l’âge de Bronze.

Ce pain, on le retrouve également dans tant de rites et rituels (Solstice d’hiver, Imbolc, rite des morts de l’Égypte antique, messes catholiques, Lughnasad, pain de communion aux Antilles, Samhain, et ce n’est qu’un petit aperçu), en guise d’offrandes, notamment symbole de fertilité, du cycle de la Nature ou bien aliment reliant la communauté ou la famille, symbole de partage et d’union.

“Nous nourrir, au niveau du cœur, du corps et de l’esprit”

Alors bien sûr, ce pain que j’honore avec ces mots, c’est le pain fait maison ou le pain de boulangers « à l’ancienne », ce qui sentent dans tout leur être combien la qualité des matières premières issues de la terre est essentielle, tout comme le fait de laisser le temps au levain et à la pâte de vivre, pour mieux nous nourrir, au niveau du cœur, du corps et de l’esprit.

Nourrir du levain et faire du pain, pratique spirituelle et rituel du quotidien. Pour retrouver le rythme lent. Activer Muladhara Chakra. Être pleinement dans le présent. Se relier et honorer le savoir-faire de sa lignée. Faire son pain, une des nombreuses pratiques méditatives et nourrissantes de l’être dans sa globalité.

sourdough bread pain au levain
© la Femme & la Lune

ENG/

The Spirituality in sourdough bread

Bread, this ancestral gift which links human beings to Nature abundance, the season wheel, to fertility and to the beings who have gone before.

(written by an occasional bread eater 😉)

This is not the first bread I bake ; I think I have been doing it for the past twenty years, from time to time, and a bit more frequently for what is pizza dough related (and my 12-year old son is now making pizza doughs too). Two decades that I have been aware of the delicious satisfactory pleasure of the peculiar smell of a rising dough.

Yet, nothing like what I have just experienced. Homebaked sourdough bread. This encounter with this sourdough I have prepared this Monday, and that I have been feeding since then. This trust in life, who knows what’s need to be done, activating bacteriae and processes which slowly transform a little bit of flour, water and grated fruit in an inextinguishable part of this primal food that bread is. This hymn to slowness ; sourdough is not to be rushed, we give it the time and space it needs. Let it awake to life for several days. Caught in the flow of awe, joy and mindfulness. This awareness of a double polarity, between simplicity and complexity, to serve Union. Awareness of this ancestal knowledge which awakens in myself admiration, humility and gratitude.

So, yesterday I baked this bread (with spelt flour, I have not been using wheat for the past fifteen years) with even more love and joy than usual. Mindfully. Letting it rise, several times. Putting it in the oven. Discovering it. Breathing its aroma. Tasting it. Feeling a wave of joy in me.

A sensory encounter.

And this link, when kneading the dough, discovering it, tasting it (by far the best bread I have ever baked, so soft, a unique taste, a splendid inner dough) with my lineage. I felt in my hands which kneaded the dough this human savoir-faire, as basic as it is essential, which goes back so many generations from now that it was almost overwhelming. These hands that were not only mine. So many hands of men and women accompany my gestures. So many papillae revel this bread at the same time than mine.

“And this link with my lineage”

Who does not count in his/her lineage, even a hundred years back, this knowledge that is deeply anchored, linked to the earth ? Whether you call it bread, anpancrêpe, cassave, matlouh, brød, tortilla, chapati, tingmo, pita, etc., whatever its name this mixture which core is a cereal or root flour and water is deeply rooted in human history, as far as Ancient Egypt, not to mention Bronze Age.

This bread can be found in numerous rites and rituals (Winter Solstice, Imbolc, rite of the dead in Ancient Egypt, catholic mass, Lughnasad, Caribbean communion butter bread, Samhain, and this is only a brief list), as an offering, for example as a symbol of fertility, Nature’s cycle, or as a gift that links a whole community or family, symbol of sharing and union.

“To feed our hearts, our bodies and our souls better”

Of course this bread I honor with these words is the homemade bread or old-style bakers’, the artisans who feel in their whole being how important the quality of these ingredients from the earth is and how essential giving time to the sourdough and the bread dough is, in order for them to live fully, to feed our hearts, our bodies and our souls better.

Feeding sourdough and baking bread, a daily spiritual practice and ritual. To connect to a slow rhythm. Activate Muladhara Chakra. Be fully in the present. Feel and honor the savoir-faire of one’s lineage. Baking bread, one of the numerous meditative and nourishing practices of the whole being.

 

 

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